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Société - le 16 Novembre 2011

Intempéries

Les sinistrés du Var appellent l’État à l’aide

Mots clés : inondations, intempéries,

La facture des inondations pourrait atteindre 800 millions d’euros, comme en juin 2010. En visite sur place, Claude Guéant n’a pas apaisé les inquiétudes des riverains de l’Argens.

Puget-sur-Argens (Var), envoyé spécial. Les uns épongent, l’autre la jette. Denis Nowak et Karl Poutrain, ferronniers d’art, n’ont pas tout à fait terminé le nettoyage de leur atelier, envahi dans la nuit du 5 au 6 novembre, par un mètre des eaux boueuses de l’Argens en crue et que s’apprêtait à visiter, lundi, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. « En juin 2010, j’ai perdu 40 000 euros, cette fois les dégâts sont aussi importants, surtout sur les grosses machines que nous venions de racheter. Repartir ? Oui, on est bien obligés… » disent-ils, fatalistes. Jean-Pierre Fastré, leur voisin staffeur dans la zone artisanale de Puget-sur-Argens, lui, a décidé d’abandonner : « En juin 2010, hélitreuillé à 4 heures du matin, j’ai sauvé ma peau de justesse, mais j’ai eu pour 90 000 euros de dégâts. Ce coup-ci, avec mes moules, c’est tout un savoir-faire qui est mort. À cinq ans de la retraite, je ne veux pas travailler avec la peur au ventre dès qu’il se met à pleuvoir. »

À Claude Guéant, flanqué ce jour-là de Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances, ils ont fait part d’une même voix de leur problème nº 1 : la lenteur des assurances, à laquelle s’ajoutent des franchises pouvant aller jusqu’à 40 % de l’indemnisation, lorsque l’entreprise se situe dans une commune dépourvue de plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). D’où ce cri désespéré de Christian Dompietrini, un fabricant artisanal de fenêtres, sinistré dans la commune proche de Roquebrune : « Faut nous aider, sinon on va tous crever ! » À chaud, le ministre de l’Intérieur répondait froidement : « On va regarder comment techniquement on peut faire au mieux. » Puis, au cours d’une réunion à la sous-préfecture de Draguignan avec les élus du Var et des Alpes-Maritimes, département lui aussi gravement touché, il précisait : « Nous 
allons prendre par anticipation, dans les semaines qui viennent, treize PPRI dans le Var ce qui bloquera les franchises. »

Cette mesure sera précédée, dès ce vendredi, par la signature d’un arrêté de catastrophe naturelle concernant plusieurs dizaines de communes. Catastrophe dont la facture pourrait monter, selon Bernard Spitz, jusqu’à 800 millions d’euros, soit autant que celle de juin 2010.

Ces annonces du ministre, bien présent devant les photographes, félicitant ces fonctionnaires aux salaires gelés qui n’en ont pas moins sauvé des vies, auront-elles rassuré les habitants du delta de l’Argens ? Pas les agriculteurs en tout cas, pour qui le président de la chambre d’agriculture, Alain Baccino, demande « une protection avant une troisième crue ». Pas les artisans et les commerçants, qui ont besoin « d’un vrai plan de sauvegarde », selon Jacques Montano, de la chambre des métiers. Quant aux populations, Claude Guéant a convenu « qu’il faut mettre à l’abri les zones inondables », en restant toutefois très vague sur la mise en œuvre et le financement d’un éventuel plan d’action pour la prévention des inondations (Papi) contre lequel certains défenseurs de la nature font de la résistance judiciaire.

« Rien de fait depuis juin 2010 »

Au lendemain de l’inondation de 2010 qui avait provoqué la mort de 25 personnes et des dégâts considérables, Nicolas Sarkozy, 
en visite à Draguignan, avait promis que « tout serait fait pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ». Dix-huit mois après, « la promesse n’a pas été tenue car aucun travail sérieux n’a été fait dans les cours d’eau », estime l’association Var Inondations Écologisme (VIE). Les capteurs du système Vigie Crue de la Nartuby (affluent de l’Argens), détruits en 2010, n’ont pas été réinstallés et il n’en existe toujours pas en amont du Gapeau. Pour la présidente de VIE, Josette Fays, l’une des solutions pour dompter ces cours d’eau est la construction de bassins écrêtant les crues dans le cadre d’un plan d’aménagement de 90 millions d’euros. « Soit moins qu’un kilomètre de LGV », dit-elle.

Philippe Jérôme

 

Source : www.humanite.fr

 
 
 
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